Remodeler, affiner, amincir, cacher, gommer. Aujourd’hui, la lingerie ne fait plus rêver, elle nous vend du technique, du froid, du complexe. Cachez ce bourrelet que je ne saurais voir !
Ce printemps on se serre la ceinture, au propre comme au figuré ! La lingerie se fait correctrice, elle camoufle nos défauts. Cette nouvelle tendance, c’est le shapeware. Entendez par-là des dessous qui remodèlent et amincissent la silhouette. Il n’y a donc plus que le slim ou la mini-jupe pour nous faire complexer, nos dessous s’y mettent aussi !
La femme serait-elle devenue une boule informe qu’il faut façonner, remanier, remodeler, amincir ?
Entrer dans un moule
Dans les vitrines, les jolies parures, les quelques grammes de soie, de coton ou de dentelle qui caressaient la peau ont fait place aux gaines, aux culottes hautes et aux shortys amincissants, faits de tissus correcteur qui “gomme” nos courbes. Pour mieux rentrer dans le moule.
Un moule, un modèle qu’on nous vend à coup de pubs et de “pages mode”. Un rêve impossible qu’on nous fait désirer ardemment. On nous demande d’être bien dans notre corps alors qu’en même temps, les sous-vêtements remodelants débarquent en grande pompe sur le marché.
Une mode paradoxale
Une chose est certaine, nous assistons à un incroyable paradoxe : à l’heure ou les magazines féminins clament – parfois, quand ça les arrange – qu’il faut s’accepter avec ses rondeurs, le shapeware nous rappelle notre dernier repas trop arrosé et l’écart de la veille qu’il faut maintenant cacher.
Certes, nous sommes loin des sous-vêtements moches et inconfortables de bonne-maman. Cette nouvelle génération de corsets n’est pas trop vilaine, mais pas hyper sexy non plus. On ne va pas vous mentir, ça reste de la gaine !
Si la tentation est grande d’essayer de cacher ses rondeurs derrière une culotte haute, il faut quand même se poser cette question : comment se libérer du regard des autres lorsqu’on enferme ses formes, qu’on les comprime ? Il faut aussi s’interroger sur l’arrivée du shapeware… Essaie-t-on, à travers la lingerie, de reprendre le contrôle des femmes ? On est loin des soutiens-gorges enflammés des années 60 !
Elodie Beaupère (st.)












