Être excisée est un véritable traumatisme psychique, en plus des dommages physiques subis. Éclairage de notre psychothérapeute, Jérémy Royaux.
Quelles sont les séquelles psychologiques qu’entraînent les mutilations génitales ?
Les conséquences varient en fonction de la personnalité de chacun mais cela reste une mutilation imposée de force par le groupe social, c’est un acte très violent. Les séquelles physiques peuvent être difficiles à vivre lorsque la victime arrive à un âge où elle comprendra toutes les implications de l’acte qu’elle a subi. Au-delà des conséquences de la mutilation, il y a les conséquences du combat mené par les personnes qui dénoncent cet acte. Pour ces personnes, c’est un chemin difficile car ils s’opposent à des valeurs qu’une partie de la population estime immuables et universelles. Il y a peu de place pour le dialogue et souvent un rejet assez violent.
Comment une femme excisée peut-elle se reconstruire après à un tel traumatisme ?
Il n’y a pas de réponse toute faite à cette question. Le chemin de chacun sera différent et dépend aussi du type d’excision pratiquée et des séquelles physiques plus ou moins importantes. Néanmoins, je pense qu’il faut une grande force de caractère et beaucoup de courage pour affronter ce traumatisme. Cela passe parfois par une grande remise en question et des conflits importants avec le groupe social voire la famille. Il y a des associations comme le Gams en Belgique qui militent contre ces pratiques et peuvent apporter un précieux soutien aux victimes ainsi que de nombreux services psycho-sociaux qui peuvent également être une aide. Il y a également beaucoup d’espoir du côté de la médecine qui développe de plus en plus les moyens nécessaires pour faire de la reconstruction au niveau du clitoris. Plusieurs chirurgiens spécialisés pratiquent cette opération avec succès et sont en train de l’enseigner afin qu’elle puisse être pratiquée a plus large échelle.
Aurore Dister














