Comment prendre un bon départ pour le mois de septembre? Parents d’un enfant atteint de dyslexie, vous vous interrogez, d’une part, sur la réalité de la maladie et de ses conséquences, d’autre part, sur les relations à établir avec les enseignants. Avec l’aide d’un spécialiste, nous avons tenté de vous outiller au mieux pour aborder la rentrée scolaire !
Bien souvent, offrir à son enfant un équilibre entre scolarité et épanouissement semble
complexe ! Éprouvant des difficultés à lire ou à écrire, son apprentissage se révèle difficile,
voire pénible. Son bien-être tout entier étant concerné, vous cherchez à l’aider de votre mieux, mais vos nombreuses questions restent souvent sans réponse. Dans le but de vous aiguiller, la rédaction a rencontré Audrey Nieuwlandt, logopède spécialisée.
Ne pas confondre dyslexie et déficit intellectuel
Un enfant dyslexique rencontre des problèmes spécifiques et persistants lors de l’apprentissage de la lecture et dans la plupart des cas, de l’orthographe. « Il s’agit d’une difficulté des enfants normalement scolarisés, qui ne souffrent pas de déficit intellectuel, de troubles sensoriels ou psychoaffectifs. »
Les facteurs environnementaux, psychologiques, linguistiques ou socioculturels, ne génèrent pas ces troubles, mais peuvent les aggraver.
Détecter les premiers signes
« Dès la maternelle, on constate que l’enfant éprouve des difficultés phonologiques, c’est-à-dire, des soucis au niveau du langage oral : l’enfant déforme des mots et/ou inverse des lettres. Arrivé en primaires, celui-ci fait des confusions auditives et/ou visuelles, entre le f et le v par exemple, ou encore, entre les lettres b et d. Des difficultés à associer des caractères peuvent également se manifester. Pour pouvoir parler de dyslexie, tous ces signes doivent perdurer. »
Poser le diagnostic au bon moment
Votre enfant rencontre des problèmes passagers en 1ère primaire ? Cela ne signifie pas pour autant qu’il est dyslexique, on parlera alors d’ « un retard scolaire » ou d’un « trouble du langage écrit ». Cependant, “une prise en charge reste possible pour les enfants plus jeunes, qui rencontrent des difficultés persistantes”.
Généralement, le diagnostic de dyslexie se pose en fin de deuxième primaire, lorsqu’on
constate que malgré l’entraînement et l’aide éventuelle, l’élève évolue difficilement. Le thérapeute rencontrera dans un premier temps les parents, dans le but d’en savoir davantage sur le développement de l’enfant,mais aussi dans le but de découvrir s’il existe des antécédents familiaux chez le patient.
« Le logopède réalise un bilan métaphonologie, examen de la conscience des syllabes et des mots», ainsi qu’un test qui permet d’ analyser la vitesse et la précision de la lecture. “Durant le testing, j’analyse les erreurs afin d’affiner le diagnostic. La précision de celui-ci reste très importante, puisqu’elle permettra de mettre en avant les points faibles de l’enfant, tout comme ses points forts. »
« Les intervenants qui gravitent autour de l’enfant doivent avancer ensemble. »
Suite au bilan, le logopède pourra donc élaborer un «projet thérapeutique dans le but de compenser les difficultés de l’enfant ». Le logopède mettra en place, par le biais de techniques et d’exercices ludiques, des stratégies qui permettront de remédier aux problèmes de l’enfant, « en partant des points forts de celui-ci, dans le but d’arriver à une lecture fluide.»
Il est primordial qu’il y ait une poursuite du travail logopédique à la maison, afin que l’enfant puisse l’intégrer au mieux. Une collaboration entre le logopède, les parents, ainsi que l’enseignant reste donc primordiale.
Des devoirs pour les enfants… et pour les parents !
« Si les enfants ne s’exercent pas du tout pendant les vacances scolaires, ils perdent énormément. Il faut un entrainement régulier pour obtenir une lecture fluide. De plus, en lisant régulièrement, l’enfant encodera plus facilement l’orthographe des mots ». En parallèle à la rééducation, il est conseillé de pratiquer des lectures courtes mais quotidiennes et de se livrer à des jeux éducatifs, car des exercices réguliers sont bénéfiques.
Une scolarité adaptée
Un enfant dyslexique prendra plus de temps que d’autres en classe : « Son déchiffrage est beaucoup plus lent et comprend des erreurs, donc il mettra plus de temps pour rechercher des informations dans un texte, par exemple. La lecture de consigne est par conséquent parfois plus laborieuse. »
Un enfant dyslexique peut suivre une scolarité normale mais il devra travailler beaucoup
plus que d’autres enfants. « En rencontrant les instituteurs, on tente de les sensibiliser et on leur demande si possible certains aménagements en classe : plus de temps pour les tâches de lecture, des feuilles claires avec des types d’écriture simples pour ne pas compliquer l’exercice, pas de recto-verso ,etc. »
Souvent, ces enfants perdent confiance en eux, il faut donc les valoriser et mettre en avant leurs qualités.
Quel budget prévoir?
Pour obtenir un remboursement de la mutuelle, le patient doit fournir une prescription
du médecin, ainsi qu’un bilan logopédique qui révèle un retard important : “ On parle d’un an de retard pour les enfants de 7 à 9 ans et deux ans de retard pour les patients âgés de 9 à 14 ans. Si le patient présente moins d’une année de retard , il est toujours possible de faire intervenir les assurances complémentaires, chez qui le montant de remboursement varie.”
Une séance individuelle de 30 minutes de logopédie coûte un peu plus de 20,88 € chez un logopède conventionné. Pendant 2 ans, la mutuelle remboursera un peu plus de 15 € par séance de 30 minutes.
Bonne rentrée !
Ewa Kuczynski
Remerciements à Audrey Nieuwlandt, logopède spécialisée dans les troubles de l’apprentissage au Centre paramédical de Waterloo.












