La tournée symphonique, nouveau violon d’Ingres de la pop

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La tournée symphonique, nouveau violon d’Ingres de la pop

Par goût du risque, pour se frotter à la “grande” musique ou renouveler un répertoire vieillissant, les stars de la pop et du rock s’entichent de classique. Depuis quelques mois, plus question pour nombre d’entre elles de partir en tournée sans un orchestre symphonique.

Souvent réputés de se regarder en chiens de faïence, les adeptes de musique “savante” et ceux de musique “populaire” ont depuis longtemps jeté des ponts entre leurs disciplines: chansons pop empruntant des thèmes classiques, orchestres reprenant des standards des musiques actuelles, collaborations entre ensembles rock et classique…

Déjà en 1969, les pères fondateurs du hard-rock Deep Purple composaient un “Concerto for group and orchestra” interprété avec le Royal Philharmonic Orchestra britannique.

Mais récemment la tendance s’est amplifiée et, comme souvent, ce sont les Anglo-saxons qui ont ouvert le bal.

Dès 2010, Sting a parcouru les Etats-Unis et l’Europe accompagné des 45 musiciens du Royal Philharmonic Orchestra pour revisiter “Roxanne“, “Message in the Bottle” et autres tubes. Une tournée accompagnée d’un album, publié sur le prestigieux label classique Deutsche Grammophon.

Figure de proue du rock progressif puis promoteur de la world music, Peter Gabriel a suivi, tout comme un des rois de la pop George Michael et, de nouveau, Deep Purple.

Pour Sting, l’association à un orchestre symphonique s’inscrit dans une démarche artistique déjà ancienne. Depuis plusieurs années, le musicien explore les racines classiques de la musique et a notamment enregistré un album de reprises du luthiste John Dowland (1563-1626).

De leur côté, les créateurs de “Smoke on the water” ont expliqué vouloir renouveler l’intérêt des fans, alors qu’ils tournent avec le même album depuis cinq ans.

Pour d’autres, le symphonique prend l’allure d’une consécration. Fin novembre, l’icône des yéyés, Sylvie Vartan, a choisi à Paris la salle classique Pleyel et l’orchestre symphonique de Bulgarie pour fêter ses 50 ans de carrière.

Une tournée est aussi prévue. Car la mode n’a pas tardé a gagné la France. Après Calogero en 2011, Julien Clerc donne ce vendredi en banlieue parisienne le coup d’envoi de sa nouvelle tournée pour laquelle il sera entouré de 40 musiciens.

Phénomène de la scène française depuis déjà six ans, la tournée Age Tendre et Tête de Bois, qui rassemble d’anciennes gloires des années 60 et 70, vient aussi d’annoncer qu’elle prenait le train du classique.

Un orchestre symphonique est ce qui se fait de mieux en musique live. Ca apporte de l’élégance et valorise le spectacle, tandis que les spectateurs sont ravis par les moyens mis en oeuvre et ne se sentent pas floués“, a expliqué à l’AFP le producteur du spectacle Michel Algay.

Mais la tournée symphonique est un pari financier risqué. Pour amortir le déplacement de l’orchestre et des 150 techniciens sans augmenter le prix des places, Michel Algay propose ainsi quelques jours après dans un rayon de 100 km un autre spectacle “Valses de Vienne“. Risqué, le pari l’est aussi du point de vue artistique, entre l’écueil de l’ennui et celui de la grandiloquence.

AFP

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