film-cloclo

Cloclo : on a vu le film !

Cloclo : on a vu le film !

Fan de Claude François devant l’Éternel, j’ai assisté à la projection de presse du  film de Florent-Emilio Siri, retraçant la vie du chanteur. Verdict ? Positif !

Quand on évoque Claude François, on pense “kitsch”, “chanteur pour midinettes”, “musique populaire”, etc. Au-delà de ces clichés, existait un homme complexe, fragile et ayant toujours peur de tout perdre.

Né le 1e février 1939 en Égypte, il commence sa vie au bord du Canal de Suez. Après la nationalisation de celui-ci, la famille François est expulsée du pays et rentre en France. Claude décide, contre l’avis de son père, de devenir batteur dans un groupe à Monte-Carlo. Aimé François ne veut plus entendre parler de son fils qu’il voulait voir devenir comptable. Ce dernier souffrira toute sa vie du rejet de son père, qui malgré son succès, ne voudra plus le voir, même sur son lit de mort.

Pendant les années soixante et septante, le chanteur connaît un succès fulgurant, enchaîne les tubes et sait sans cesse innover. Homme à femmes, il est un jaloux maladif avec ses compagnes. Après sa victoire à  l’Eurovision, France Gall subira les foudres de son conjoint qui lui dira :”Tu as gagné, bravo mais moi, tu m’as perdu !”.

Colérique, maniaque, aimant contrôler tout et tout le monde, Claude est un businessman,  un pro du marketing. Perfectionniste dans tout ce qu’il entreprend, il mène son petit monde à la baguette. En plus d’être chanteur, il est patron de presse et photographe d’images de charme. Père de deux enfants, il aura plusieurs conjointes et également quelques amantes. Il s’éteindra à l’âge de 39 ans, victime d’une électrocution dans son bain.

Résumer Claude François en 2h28 est le défi relevé par Florent-Emilio Siri, le réalisateur. Son biopic retrace la vie de cette vedette de la chanson française de sa naissance à sa mort tragique.

Malgré mon jeune âge, j’ai toujours aimé la musique de Cloclo. Je vous vois sourire à  la lecture de cette phrase. Je sais, c’est démodé. Mon entourage me le répète assez souvent et se moque gentiment de cette passion jugée anachronique et désuète. Connaissant la majorité des tubes de cette star des sixties, j’appréhendais un peu la vision qu’allait donner le réalisateur sur la vie de mon idole.

De l’Égypte à Paris, Florent-Emilio Siri a exploré des facettes méconnues du chanteur, cassant son image stéréotypée. Il présente sous forme de séquences multiples un panorama géant des évènements tant personnels que professionnels qui ont marqué l’existence de Claude.

Proche du documentaire, le film permet rarement au spectateur  de s’identifier aux personnages. Le scénariste a préféré raconter en détails l’existence du chanteur plutôt que de se focaliser sur une ou des période(s) clés de sa vie, survolant ainsi les moments et les personnages. L’on ressent néanmoins souvent l’envie de ralentir le rythme, de s’arrêter sur certains d’entre eux, de les écouter et de les apprivoiser. Une façon peut-être plus subtile et plus profonde de découvrir Claude François à travers les yeux de ses proches.

Malgré cette constatation, ce choix qui peut être jugé risqué par certains est compréhensible au vu de l’angle choisi lors de l’écriture du scénario. “Ce que je fais souvent dans mes films, c’est de me placer du point de vue de mes personnages, car je pense que l’identification et l’empathie sont ce qui fonctionne le mieux au cinéma. Mais pour que ça fonctionne encore mieux, on ne peut pas faire un film constamment de ce point de vue-là, il faut de temps en temps prendre du recul et adopter le point de vue du spectateur, qui regarde le personnage agir”, explique Florent-Emilio Siri.

Lors de trop rares scènes,  il joue la carte de l’identification, comme c’est le cas lors d’un rêve éveillé de Cloclo.  Ce dernier imagine faire écouter à son papa,  la version anglaise de son tube Comme d’habitude, chanté par Franck Sinatra. Au son de la voix, son paternel, admirateur du chanteur américain,  se retourne et le gratifie enfin d’un sourire. Rejeté par son père suite à son choix de carrière, il souffrira énormément de son absence. Ce manque de reconnaissance le poursuivra toute sa vie et justifiera son besoin perpétuel de se sentir aimé.

Le film possède un rythme soutenu, faisant succéder un tourbillon de plans-séquences, de musique et de scènes de montage. On sent l’envie du réalisateur de mettre en exergue le dynamisme qui caractérisait la star. À côté de cette fragilité, il y a son acharnement professionnel, son narcissisme, sa maniaquerie et son perfectionnisme parfois exagéré. Certaines scènes se révèlent un peu kitsch dans les lumières mais également dans la façon de tourner. Peut-être est-ce une allusion à ce côté connu de Cloclo…

Au niveau du casting, les acteurs ne sont pas spécialement connus, à part Jérémie Renier, qui incarne la vedette.  Le réalisateur souhaitait engager des “talents neufs“. “En fait, je ne voulais pas que le spectateur s’amuse à repérer quel acteur connu jouait tel personnage connu, comme c’est souvent le cas dans les biopics. Je ne voulais pas que le spectateur sorte du film”,  déclare Florent-Emilio Siri.

Jérémie Renier a le rôle principal. Sa ressemblance naturelle avec Claude François est impressionnante. Tant dans sa gestuelle que dans sa façon de s’exprimer. Malgré cela, au début du film,  l’on remarque un manque de conviction dans son interprétation. Comme s’il n’osait pas directement se mettre dans la peau de Cloclo. Au fil des scènes, Renier rentre doucement dans son personnage, n’épousant pas juste ses mimiques mais également ses angoisses, ses joies et son caractère emporté et colérique. Les autres comédiens incarnent plutôt bien les personnages secondaires. La ressemblance avec les proches de Claude est soignée.  Par exemple, Joséphine Japy est la copie conforme de la France Gall des années 60.

Cloclo sortira le 14 mars dans les salles obscures. Un film à ne pas rater tant pour les fans que pour les néophytes qui pourront découvrir une vision neuve de Claude François, loin des clichés.

Aurore Dister

EN SAVOIR PLUS :

Une autre critique de ce film vous sera livrée dans La Libre Essentielle du 3 mars.

 
kitd.html5loader(“flash_kplayer_3ff027ea7dbs”);
 
 
kitd.html5loader(“flash_kplayer_2118008b276s”);

Vous devez vous connecter pour pouvoir commenter.

Ou via

CIM Metriweb

X

Je suis membre et je me connecte via mon compte Essentielle

Pseudo ou mot de passe oublié?

Pas encore membre?

Vous pouvez aussi vous inscrire ou vous connecter à votre compte via

X

Merci de saisir votre identifiant ou votre adresse email. Un lien permettant de créer un nouveau mot de passe vous sera envoyé par e-mail.