2 Days in New York, une comédie transatlantique

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2 Days in New York, une comédie transatlantique

Personnel sans être autobiographique, “2 Days in New York” est un pur bonheur de spectateur.

Cinq ans ont passé. Marion est toujours photographe à New York, mais a quitté Jack après qu’ils ont eu un petit garçon. Entre-temps, sa mère est morte, et elle a refait sa vie avec Mingus, journaliste radio et père d’une petite fille. Ces informations de contexte, Julie Delpy les évacue d’emblée dans une jolie scène de théâtre de marionnettes Le grand chambardement peut commencer. Car, aujourd’hui, la famille française de Marion débarque à Manhattan : son père, sa sœur et, en invité surprise, son ex-Parisien

“2 Days in New York” a forcément un air de déjà-vu. Les thématiques abordées sont les mêmes que dans “2 Days in Paris” : le choc des cultures française et américaine. Mais heureusement, ce n’est pas l’impression de redite qui prédomine. Non seulement, on est ravi de retrouver ces personnages charismatiques dans une situation inversée, promesses de nombreux quiproquos et incompréhensions. Mais, surtout, la jeune réalisatrice française n’a pas son pareil pour parler avec légèreté des petits problèmes de la vie quotidienne, du couple, du travail, de la perte d’un parent, etc.

Personnel sans être autobiographique, “2 Days in New York” est un pur bonheur de spectateur, une comédie romantique décalée, lourdingue et loufoque. Un petit film vivifiant qui capte avec justesse l’air du temps, les conversations multilingues, la confrontation de deux cultures : les Français bons vivants, vulgaires, et les Américains coincés, puritains, hygiénistes. Une caricature, bien sûr, et souvent très appuyée, mais qui permet de rendre compte d’une réalité. Car Julie Delpy filme comme personne le New York contemporain et cosmopolite.

Mais si l’on prend autant de plaisir à cette suite, c’est avant tout à cause de ces personnages hauts en couleur que l’on retrouve avec un plaisir intact. Aux côtés d’une Marion toujours aussi bordélique, de son père brut de décoffrage (formidable Albert Delpy), de sa sœur neurasthénique et de son ex lourdaud, l’excellent Chris Rock détonne en bobo new-yorkais. Et l’on ne boude pas son plaisir à découvrir Chris Rock à mille lieues de ses comédies hollywoodiennes habituelles. A le voir, dans ses moments de désespoir face à cette invasion barbare de Français, parler à un poster en carton grandeur nature de son président Barack Obama !

Ce sont ces petites trouvailles et quelques scènes d’anthologie (celles du dîner, du vernissage ou encore de la rencontre avec un Vincent Gallo plus vrai que nature, et que l’on découvre plein d’autodérision) qui permettent au film de se réinventer, de dépasser le cadre de la simple suite pensée uniquement dans un but commercial. Tour à tour délirante, sensible, intello, artiste, poétique, Julie Delpy jongle avec les tonalités pour mener, tambour battant, cette comédie romantique intime. Un film rafraîchissant grâce auquel la Française pose une nouvelle pierre à un univers cinématographique personnel et cohérent.

Auteur : H.H

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