Une fois de plus, cette appellation nous interpelle à la rédaction d’essentielle.be. Si le monde de la mode commence tout doucement à apprécier les courbes, quel est l’intérêt de classer une femme telle que Robyn Lawley dans une catégorie dite « grande taille »?
C’est un réel plaisir d’admirer la pulpeuse Robyn Lawley. Son succès n’est d’ailleurs plus à démontrer, tant les marques et les magazines se l’arrachent. La jeunes femmes aux courbes idéales, et bien dans sa taille 46 a déjà été abordée par Vogue Italie et Elle France. Cerise sur le gâteau, elle représentera la nouvelle campagne de Ralph Lauren, une griffe qui n’hésitait pas à gommer à outrance les hanches de ses mannequins. Génial vous me direz! Oui, c’est certain, le milieu de la mode se rapproche enfin de madame tout le monde, qui peut désormais déculpabiliser d’exhiber des formes féminines.
Mais un problème subsiste: pourquoi une personne qui dépasse la taille 38 doit obligatoirement être catégorisée de « grande taille »? Où se situe la normalité? La majorité des femmes portent du 40. Est-ce opportun de dire que leur taille est « grande »? Dans cette optique, pourquoi ne dit-on pas des mannequins taille 34-36 qu’ils sont « petite taille », voire « maigre taille »? Ne doit-on pas simplement parler de Robyn Lawley comme d’une belle femme, sans la catégoriser, ni catégoriser les autres? Si le monde de la mode s’échappe doucement du dictat de la maigreur, il serait temps également qu’il revoit sa manière de percevoir les courbes féminines… En attendant, si Karl Lagerfeld ne franchira sans doute jamais cette ligne rouge, davantage de griffes prouvent enfin que l’élégance n’est pas réservée aux femmes filiformes, loin de là.
Stéphanie Carion











