Une salle discrète dans le quartier gay du centre-ville, rue Marché aux Charbons, tel est le lieu choisi pour le premier HIV-Café de Bruxelles. Un HIV-Café, c’est un endroit où les séropositifs et leurs proches, ou même toutes personnes intéressées, peuvent venir échanger sur le terrible virus de manière informelle et décomplexée, autour d’un verre.
Expérience pilote à Bruxelles, accueillie au sein de la Maison Arc-en-ciel, le HIV-Café est né d’un constat : les moyens se concentrent surtout sur la prévention du Sida mais pas sur ceux qui en souffrent. “On se souvient du film “Philadelphia” où un ambitieux avocat se fait licencier car il est atteint du Sida. Vingt ans plus tard, le tabou n’a pas disparu. Mais ce projet va dans la bonne direction et aidera sûrement à combattre la sérophobie“, commente le secrétaire d’Etat à l’Egalité des Chances de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruno De Lille (Groen). “Il faut démanteler les préjugés et faire de Bruxelles une ville où tout le monde se sent respecté“, ajoute le secrétaire d’Etat.
Par ailleurs, l’association gaye et lesbienne Rainbowhouse, réfute toute idée d’un risque de stigmatisation de son projet. “Ce n’est pas un aquarium pour venir pointer du doigt les malades. C’est un endroit où affirmer sa sérofierté . Il est ouvert sur l’extérieur, il délivre un message à la société. Tout le monde est le bienvenu, les séropositifs et les séronégatifs qui s’intéressent au sujet“, explique François Massoz-Fouillien de la Maison Arc-en-ciel. De groupe de discussion informel, le concept pourrait évoluer vers d’autres activités comme des concerts ou des soirées. “Mais nous allons dans un premier temps évaluer quelles sont les attentes des participants“, ajoute-t-il.
L’inauguration officielle de ce lieu, qui sera ouvert chaque dernier dimanche du mois de 16 à 23h, est prévue le 29 avril. D’après les organisateurs, il y a déjà une soixantaine d’inscrits. “Mais il y a une différence entre vouloir venir et venir effectivement”, constate François Massoz-Fouillien. “Il faut beaucoup de courage pour franchir cette porte. Il est donc possible que nous ayons des désistements “.
N.G. pour La Libre Belgique.














