Décider d’arrêter de fumer: comment se faire aider?

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Décider d’arrêter de fumer: comment se faire aider?

Les aides au sevrage tabagique sont diverses et variées. Comment choisir ? En fonction de l’histoire tabagique.

A avoir arrêté sans la moindre aide, du jour au lendemain, après un an, ils sont environ 5 %. Il y a donc 95 % de rechutes dans ce groupe. Pour ce qui est des aides, pas plus qu’il n’existe une recette magique, il n’existe un traitement miracle. “Il faut tenir compte du profil du patient, des démarches qu’il a déjà entreprises, de son histoire tabagique“, nous dit encore le Dr Pierre Nys, tabacologue. Pour ce spécialiste, quatre traitements ont prouvé leur efficacité : les théories cognitivo-comportementales, qui sont indissociables des trois autres, à savoir les substituts nicotiniques, le bupropion et la varénicline.

1.Les théories cognitivo-comportementales. Comment vais-je amener mon patient à modifier son comportement ? Il s’agit de stratégies à mettre en place sur lesquelles on peut réfléchir avec le patient avant l’arrêt.

2. Les substituts nicotiniques. Ce sont les aides les plus anciennes, les plus sûres et les plus efficaces. Le choix se fera en fonction du fumeur, sachant qu’il est important de décoder la manière dont on les prend. Prenons le patch : admettons qu’il mette 30 minutes avant d’agir. Si je fume le matin dès le lever et que je dois attendre une demi-heure avant qu’il fasse son effet, je serai très mal à l’aise lors mon arrêt. Dans ce cas, cela a peut-être un sens de prescrire un patch actif 24 heures sur 24. Mais la nicotine étant un stimulant, les nuits seront peut-être moins bonnes Tout cela doit se discuter avec le patient. Pour les comprimés, il existe aussi diverses formes : certains ne doivent surtout pas être chiqués, donc à éviter pour les gens qui aiment ça car ils vont libérer rapidement toute la nicotine dans leur bouche et lorsqu’ils vont avaler cette salive chargée de nicotine, ils auront le hoquet, des nausées, des palpitations Il faut mordre une ou deux fois puis “parquer” le comprimé sur le côté et recommencer deux minutes plus tard. Les “microtabs” (pastilles) fonctionnent souvent bien pour les fumeurs de cigarillos. Pour d’autres, on préférera l’inhalateur. Les substituts sont efficaces pour autant qu’ils soient utilisés à bon escient.

3. Le buproprion. Ces médicaments sont commercialisés en Belgique sous les noms de Zyban et Wellbutrin. Le premier, dans l’indication de sevrage tabagique, est uniquement remboursé quand le patient a déjà des lésions aux poumons, “ce qui est absurde”, pour ce médecin. Le second est vendu pour l’indication de dépression. Il faut être attentif aux contre-indications car il comporte des effets secondaires. Outre les troubles du sommeil et la sécheresse de bouche, le bupropion peut être lié à des incidents de type épileptogène. Il ne donne pas des crises d’épilepsie mais il abaisse le seuil épileptique. Cela dit, “si l’on respecte les contre-indications, on doit être à l’aise dans la démarche”, selon le tabacologue. Avec le bupropion, le fumeur prend de moins en moins goût et plaisir à la cigarette. Il réduit petit à petit sa consommation et arrête souvent dans les 14 jours.

4. La varénicline. Commercialisé sous le nom de Champix, ce médicament agit sur les mêmes récepteurs que la nicotine. “Il y a une course entre le médicament et la nicotine ; le premier qui entre dans la cellule a gagné, nous explique encore le Dr Nys. Lorsqu’il occupe la place, le second ne peut plus rentrer. S’il est utile, ce médicament doit également être utilisé avec prudence“. Outre les troubles digestifs qu’il engendre, certains avertissements ont porté sur les effets cardiovasculaires et dépressogènes. “Si le patient est stable à deux mois après un épisode cardiovasculaire, il ne doit en principe pas y avoir de souci“, assure le médecin. Pour ce qui est de l’effet dépressogène : si, dans la population générale, le risque d’idéation suicidaire est de 1, il est de 1.4 chez l’ex-fumeur ; de 2.5 chez le fumeur qui fume moins de 15 cigarettes par jour et de 4.3 au-delà de 15 cigarettes. Cela signifie que le risque de dépression avec idéation suicidaire est déjà présent de façon beaucoup plus importante chez le fumeur. Il faut tenir compte du fait que cette population est plus à risque au départ. “Dans la pratique quotidienne, on doit toujours être attentif et vigilant, revoir régulièrement le patient et ne pas l’envoyer dans la nature avec de tels traitements.” Quant à l’hypnose ou l’acupuncture, si l’on ne peut affirmer que ce n’est pas efficace, rien n’est validé.

Laurence Dardenne pour La Libre Belgique

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