Ce vendredi 8 mars, c’est la Journée de la Femme. L’occasion de donner la parole tout au long de la semaine à six d’entre vous. Étudiante, jeune maman, issue de l’immigration, grand-mère, ou encore jeunes adultes épanouies, toutes apportent leur vision de l’égalité, des discriminations ou encore de la féminité.
Si la condition des femmes est à envier dans notre pays par rapport à d’autres régions du monde, il reste des discriminations et des problèmes à résoudre. Inégalités salariales, manque de garderies pour faciliter le travail des femmes, sexisme dans la rue, excision liée à l’immigration, … sont autant de thèmes récurrents qui seront abordés le 8 mars. essentielle.be a récolté les témoignages de six femmes « ordinaires », mais tellement extraordinaires. Suivez leurs différents regards féminins tout au long de la semaine. Aujourd’hui, elles vous parlent de la place des femmes dans notre société.
Maria (Grand-mère, d’origine italienne):
« La femme est respectée et a ses droits à l’heure actuelle »
La femme est respectée et a ses droits à l’heure actuelle. Malgré les revendications qu’elles peuvent avoir, je peux vous assurer qu’il y a déjà eu une belle évolution. Je pense que les mentalités ont changé. Les femmes accèdent plus facilement à des postes à responsabilités par exemple. À mon arrivée en Belgique, à l’âge de 15 ans, les gens nous percevaient comme « les étrangers qui arrivent ». La réticence des Belges à notre égard n’était pas orientée spécialement vers les femmes. Par contre, on faisait volontiers des remarques aux femmes, plus qu’aux hommes. Par peur peut-être. J’en ai beaucoup souffert. À l’heure actuelle, en tant que femme issue de l’immigration, ce genre de situation ne m’est plus jamais arrivée.
Julie (jeune mariée):
« La femme n’est plus celle d’il y a 50 ans qui s’occupait du foyer et de la maison »
La femme dans la société belge s’en sort très bien ! Il existe un respect en général de la condition féminine. Seulement, il reste encore de fortes traces de machisme (sifflements dans la rue, drague lourde, discrimination au niveau des salaires, …). La femme n’est plus celle d’il y a 50 ans qui s’occupait du foyer et de la maison. Elle n’est pas non plus l’égal de l’homme, mais le veut-on vraiment ? La femme a, en général, cette fibre maternelle qui place sa famille parmi ses priorités. Pour être honnête, j’aime la galanterie des hommes, alors, j’accepte aussi leur machisme s’il reste raisonnable.
Anaïs (étudiante):
« Ce n’est pas en tant que personne sexuée qu’on devrait se “placer” »
Je n’aime pas trop diviser la société en deux entités( homme- femme). Dans le pays des « Bisounours », les femmes ne devraient même pas se poser cette question. Ce n’est pas en tant que personne sexuée qu’on devrait se “placer”, se situer dans une société. Mais en tant qu’individu. Il est cependant souvent facile et confortable de pouvoir se situer dans un catégorie (ici “femme”) définie par des codes qui nous sont familiers.
Rachel (d’origine camerounaise)
« Les femmes d’origine africaine trouvent plus facilement du travail en Belgique que les hommes »
Pour moi, en tant que femme d’origine africaine, les hommes de ma culture sont plus défavorisés que nous les femmes en Belgique. Nous trouvons plus facilement des petits boulots pour lesquels nos hommes ne sont pas qualifiés. Aussi, les gens s’adressent plus facilement à moi parce que je suis une femme issue de l’immigration, c’est moins le cas pour les hommes africains.
Clémentine (assistante sociale):
« Il reste encore des mentalités “conservatrices” et des préjugés »
On aspire un maximum à ce que la femme soit l’égale de l’homme. Il y a eu une énorme évolution à ce niveau ( droit de vote, études, le travail, etc.). Malheureusement, il reste encore des mentalités “conservatrices” et des préjugés, autant pour l’homme que pour la femme (l’homme qui évolue dans un milieu de femmes, la femme qui travaille et l’homme au foyer).
Céline (jeune maman):
« Le monde du travail n’est pas encore tout à fait compréhensif lorsqu’on est maman »
Je crois qu’on est assez chanceuses au regard de bon nombre d’autres pays. Certes nos salaires sont souvent inférieurs à ceux des hommes, certes être mère et travailler confère parfois à jouer au funambule, certes on est parfois insultée dans la rue. Mais, si on voit le verre à moitié plein, on peut également se dire que la place de la femme en Belgique est assez “satisfaisante”, même si, évidemment, il y a encore du travail. Si je dois juste parler de ma situation de jeune maman, il est vrai que c’est parfois assez difficile de combiner ma vie professionnelle et ma vie de mère. S’absenter en cas de maladie, partir plus tôt pour un RDV chez le pédiatre, c’est parfois assez mal perçu et surtout culpabilisant. On se retrouve à stresser, courir pour prester ses heures au travail et arriver avant l’heure de fermeture à la crèche, travailler de chez soi tout en gardant un enfant malade, etc. Je pense sincèrement que le monde du travail n’est pas encore tout à fait compréhensif à ce point de vue-là.
Propos recueillis par Stéphanie Carion
A suivre demain 7 mars: comment se sentons-nous femme?











